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AP, 16 juillet 2007

Ethiopia : 35 membres de l’opposition condamnés à la prison à perpétuité


Des manifestants, à Addis Abeba, le 1er novembre 2005

ADDIS ABEBA - Trente-cinq membres de l’opposition éthiopienne ont été condamnés, lundi 16 juillet 2007, à la prison à perpétuité et à une peine d’inéligibilité pour avoir tenté de renverser le gouvernement. Ils ont également été privés de leurs droits civiques.

Ethiopia


Le procès avait débuté, en décembre 2005, après des violences consécutives aux élections du 15 mai, dont l’opposition contestait les résultats. Les accusés avaient, au départ, été inculpés de trahison, incitation à la violence et tentative de génocide. En avril 2007, les juges avaient abandonné les accusations de trahison et tentative de génocide. A la même époque, vingt-cinq détenus, dont huit journalistes, avaient été libérés.

Un manifestant blessé est soigné dans un hôpital d’Addis Abeba, le 1er novembre 2005

Le ministère public avait requis la condamnation à mort contre les trente-cinq accusés, parmi lesquels figurent des chefs de l’opposition et cinq personnes jugées par contumace. Les juges ont refusé de suivre les réquisitions du ministère public, a expliqué le juge Adil Ahmed. "Le tribunal a estimé que la prison à perpétuité était un verdict suffisant", a ajouté le juge Adil Ahmed. Huit autres accusés ont écopé de peines allant de dix-huit mois à dix-huit ans de prison, a annoncé le juge Adil Ahmed, lisant le verdict au nom d’un collège de trois juges. Parmi les accusés condamnés à vie figurent le chef de la Coalition pour l’unité et la démocratie, Hailu Shawel ; Berhanu Nega, qui avait été élu maire d’Addis Abeba ; ainsi que l’ancien envoyé spécial des Nations Unies, Yacob Hailemariam. Les magistrats ont par ailleurs ordonné la fermeture de trois maisons d’édition, les condamnant également au paiement d’amendes allant de 1700 à 13600 dollars.

Berhanu Nega

Les organisations internationales de défense des droits de l’Homme affirment que ce procès est destiné à taire les critiques. "La plupart, si ce n’est la totalité, des condamnés" ont été "emprisonnés à cause de leurs opinions" et "n’ont pas utilisé ou prôné la violence", a déclaré dans un communiqué diffusé, lundi 16 juillet 2007, le directeur du programme Afrique d’Amnesty International, Erwin van der Borght, plaidant pour leur libération "immédiate et sans condition".

Associated Press

Une manifestante blessée est soignée dans un hôpital d’Addis Abeba, le 1er novembre 2005

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