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dimanche 26 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (3ème partie) : Du 1er avril 2004 au 15 avril 2004
AFP, 4 avril 2004

Irak : Les troupes d’occupation étrangères désormais confrontées à une insurrection populaire généralisée


BAGDAD (AFP) - Une partie de la communauté chiite en Irak, qui avait accueilli avec soulagement il y a tout juste un an l’invasion conduite par les Américains, a basculé, dimanche 4 avril 2004, dans l’action violente contre la coalition dans plusieurs villes du pays.


Une journée de protestation organisée par les partisans du dirigeant le plus radical de cette communauté majoritaire en Irak, Moqtada Sadr, a tourné au bain de sang dans la ville sainte de Najaf, où au moins 20 Irakiens, dont deux policiers, et quatre soldats salvadoriens ont été tués dans des affrontements près de la base espagnole.

Cette manifestation a fait également plus de 200 blessés irakiens et neuf Salvadoriens.

"Nous marchions pacifiquement puis en arrivant devant la base, des manifestants ont commencé à jeter des pierres sur les Espagnols, qui ont tiré en l’air et jeté des grenades assourdissantes", a raconté un manifestant, Hussein Ali, 21 ans.

"Des manifestants, qui étaient armés, ont tiré sur des soldats espagnols, qui ont riposté en tirant sur la foule", a-t-il ajouté.

"La base espagnole Andalous a été attaquée vers midi. Les assaillants ont tiré sur nos soldats qui ont riposté en respectant les règles de procédure", a indiqué pour sa part à l’AFP le commandant Carlos Harradon, porte-parole de la brigade multilatérale Ultra Plus, dirigée par les Espagnols, mais qui comprend aussi des soldats du Salvador, du Honduras et de la République dominicaine.

L’arrestation, samedi 3 avril 2004, du chef du bureau de Moqtada Sadr à Najaf, Moustafa Yaacoubi, a mis le feu aux poudres, alors que la tension était déjà grande.

Les accrochages se sont accompagnés par la prise de bâtiments publics dans plusieurs cités.

Selon le porte-parole espagnol, les partisans de Sadr ont encerclé le siège du gouvernorat à Najaf puis celui des forces irakiennes de défense civile (ICDC, auxiliaire de l’armée) gardés par des soldats salvadoriens. Ils ont également pris le contrôle de tous les bâtiments de Koufa, où leur chef se trouve dans une mosquée.

La violence s’est étendue à d’autres villes. A Amara, quatre Irakiens ont été tués et huit blessés dans des affrontements entre les partisans de Sadr et les forces britanniques.

A Sadr City, un quartier chiite de Bagdad, des accrochages armés se sont produits avec les forces américaines, faisant dix blessés. Les chiites ont pris trois postes de police.

Dimanche 4 avril 2004 au soir, Moqtada Sadr a appelé ses partisans à "terroriser leurs ennemis" car les manifestations sont devenues selon lui "inutiles", après les affrontements.

"Je vous demande de ne plus manifester car les manifestations sont devenues inutiles, à partir du moment où votre ennemi aime terroriser, faire taire les opinions et méprise les peuples", a-t-il déclaré dans un communiqué à Koufa.

Ces actions violentes, menées par une partie de cette communauté sous le double effet de la frustration politique et de la détérioration de ses conditions de vie, ont été condamnées par le président en exercice du Conseil de gouvernement transitoire irakien, Massoud Barzani.

"Les Irakiens ont le droit d’exprimer leurs opinions d’une manière pacifique et cela fait partie de la démocratie, mais le recours à la violence est à proscrire et tout le peuple irakien le rejette", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, l’armée américaine a annoncé que deux Marines avaient été tués dans deux attaques de la guérilla dans l’ouest de l’Irak.

En outre, cinq Irakiens et deux soldats américains ont été blessés dans l’explosion de deux voitures piégées, dimanche 4 avril 2004 après-midi, dans le centre de la ville pétrolière de Kirkouk (nord), selon la police.

C’est donc sur fond d’emballement de la violence que l’émissaire spécial de l’ONU pour l’Irak, Lakhdar Brahimi, est arrivé, dimanche 4 avril 2004 au soir, à Bagdad.

M. Brahimi et son équipe sont arrivés en Irak "à l’invitation des partis" en présence. La mission de l’équipe consistera "à coopérer avec les partis en présence pour les aider à préparer le processus de transfert" de pouvoir, a indiqué son bureau dans un communiqué.

Agence France Presse

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