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Reuters, 21 juillet 2007

Côte d’Ivoire : L’ONU suspend un contingent marocain


Un blindé français et un véhicule de l’ONU

ABIDJAN (Reuters) - Les Nations Unies ont suspendu, samedi 21 juillet 2007, un contingent marocain en mission de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, tandis qu’elles poursuivent leur enquête sur des accusations d’abus sexuels répétés. L’ONUCI a précisé que la suspension s’ajoute à une mesure de confinement dans sa base du contingent de 734 hommes mis en cause à Bouaké, bastion des rebelles, dans la partie nord de la Côte d’Ivoire.

Côte d’Ivoire


"Cela signifie qu’ils ne participent pas à nos opérations", a déclaré Hamadoun Touré, porte-parole de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci). "Ceux qui seront reconnus coupables seront renvoyés chez eux." Des responsables de l’ONU qui ont requis l’anonymat ont indiqué, vendredi 20 juillet 2007, que l’enquête portait sur des soldats marocains soupçonnés d’avoir eu des relations sexuelles avec un grand nombre de mineures. Des habitants de Bouaké contacté par Reuters ont dit ne pas être au courant des accusations portées contre les militaires marocains ni de leur suspension.

Des soldats marocains de l’ONU à Tiebissou, le 5 novembre 2004

Pendant des décennies, les Nations Unies ont fermé les yeux sur des abus sexuels dont se sont rendus coupables des casques bleus, mais elles ont lancé, ces dernières années, une campagne de répression contre ces faits. En 2005, un rapport de l’ONU a recommandé un remaniement des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, disant que les soldats devraient être sanctionnés pour tout abus sexuel, avec un blocage de leur solde et la création d’un fonds destiné à aider toute femme ou jeune fille enceinte de leurs oeuvres. Mais des pays membres ont rejeté ces propositions. Ces dernières années, des accusations d’abus sexuels à l’encontre de casques bleus se sont multipliées dans plusieurs pays africains, en particulier en République démocratique du Congo, en dépit de la politique de tolérance zéro proclamée par l’ONU. Tous les casques bleus ont interdiction d’avoir des relations sexuelles avec les populations locales et ceux qui ont été déployés en Côte d’Ivoire ont participé à des séminaires exposant ce code de conduite.

Des soldats de l’ONU près de Bouaké

La mission de l’ONU en Côte d’Ivoire compte en tout un peu plus de 9000 militaires de quarante pays. Les Marocains constituent l’essentiel de la force de l’ONU à Bouaké aux côtés de policiers bangladais, de techniciens pakistanais et de personnel médical ghanéen. Hamadoun Touré a expliqué que le scandale de Bouaké avait éclaté à la suite d’une campagne contre l’exploitation sexuelle au cours de laquelle l’ONUCI a invité la population locale à dénoncer tout abus. L’ONU a ensuite envoyé sur place une équipe chargée de réunir des informations.

Des médecins militaires de l’ONU, à Man, le 23 juin 2005

Le contingent de maintien de la paix, soutenu par les forces françaises de l’opération Licorne, a été déployé en Côte d’Ivoire pour soutenir un processus de paix relancé, en mars 2007, par la conclusion d’un accord entre le président, Laurent Gbagbo, et l’ancien dirigeant rebelle, Guillaume Soro. La mission de l’ONU en Côte d’Ivoire a été généralement bien acceptée dans le Nord, aux mains des rebelles. Mais, dans le sud du pays, sous contrôle gouvernemental, il est arrivé que des civils ou des militaires soient attaqués ou soient entravés dans leur travail par de "Jeunes Patriotes", organisation soutenant le président Gbagbo.

Reuters

Un soldat français en Côte d’Ivoire, le 17 avril 2007

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source