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Le Monde, 31 juillet 2007

Côte d’Ivoire : A Bouaké, Laurent Gbagbo invite les Ivoiriens à "transformer l’essai de la réconciliation"


Vue de Bouaké, le 30 juillet 2007

Lors de sa première visite depuis l’insurrection de 2002 à Bouaké, qui fut la capitale des rebelles en Côte d’Ivoire, lundi 30 juillet 2007, Laurent Gbagbo a souhaité que les élections, maintes fois reportées par le confit qui avait coupé son pays en deux, aient lieu "vite, vite, vite". Le président espère ainsi "transformer l’essai" de la réconciliation consécutive aux accords du 4 mars qui ont mis fin à cinq ans de conflit entre rebelles et forces loyalistes. Il a ajouté que "les préparatifs des élections" avaient d’ores et déjà commencé et qu’il donnerait "des consignes" dans ce sens lors d’un discours à la nation, le 6 août 2007.

Côte d’Ivoire


Insistant sur le fait que la fin des hostilités était l’unique but de sa visite à Bouaké, M. Gbagbo a demandé à la foule de scander après lui "la guerre est finie, la guerre est finie". Il a ensuite rendu hommage à l’actuel premier ministre et ancien chef des rebelles, Guillaume Soro, qui a dit "oui pour que le dialogue ait lieu". Il a également rendu hommage aux six chefs d’Etat africains et aux ministres présents à cette cérémonie organisée au stade de Bouaké, et remercié particulièrement le Sud-Africain Thabo Mbeki et le Burkinabé Blaise Compaoré pour leur contribution au processus de paix.

Laurent Gbagbo

Les chefs militaires loyalistes et rebelles ont ensuite symboliquement scié les canons de deux armes qu’ils ont remis à Laurent Gbagbo et Guillaume Soro. Ils sont allés les déposer sur un bûcher au milieu du stade. M. Gbagbo a mis le feu au bûcher à l’aide de la "flamme de la paix", amenée par des relayeurs loyalistes, rebelles et internationaux, après être symboliquement passée dans les mains des six autres chefs d’Etat africains et de M. Soro. Un instant de stupeur a frappé le stade, lorsque le tas de bois compact disposé dans le conteneur et sans doute arrosé d’essence a explosé, propageant le feu à quelques mètres autour. L’ensemble des officiels, présidents compris, ont alors couru pour s’écarter du bûcher avant que les pompiers ne viennent circonscrire le feu. La manifestation s’est achevée avec un lâcher de colombes.

Avec AFP

Laurent Gbagbo et Guillaume Soro Kigbafori portent deux armes destinées à être brûlées, à Bouaké, le 30 juillet 2007

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source