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dimanche 25 juin 2017
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Reuters, 2 août 2007

Informations internationales : L’Espagne propose une Union méditerranéenne dotée d’institutions

Suivi d’un commentaire


Vue du Caire, en Egypte

MADRID (Reuters) - Le ministre espagnol des Affaires étrangères estime que la future Union méditerranéenne, proposée à l’origine par Nicolas Sarkozy, devrait se doter d’institutions à part entière à l’instar de l’Union européenne.

Vue de Tripoli, en Libye


"Le moment est venu (...) de construire un véritable espace géopolitique via l’établissement d’une Union méditerranéenne", écrit Miguel Angel Moratinos dans une tribune publiée, jeudi 2 août 2007, par le quotidien El Pais. Une union englobant des pays de l’Union européenne et les Etats du pourtour méditerranéen devrait se doter d’un conseil des chefs d’Etat et de gouvernement qui définirait les orientations stratégiques, de conseils ministériels, d’une commission permanente, d’une assemblée parlementaire renforcée et même d’une banque, ajoute-t-il. Cette organisation permettrait à la région de s’attaquer plus efficacement à des problèmes allant de la défense de l’environnement à l’immigration.

Nicolas Sarkozy a proposé que la Turquie, au lieu d’adhérer à l’Union européenne -ce à quoi il est hostile- joue un rôle central dans une Union méditerranéenne.

Miguel Angel Moratinos

Les commentaires de Miguel Angel Moratinos interviennent après une réunion, en Slovénie, de ministres des Affaires étrangères des pays méditerranéens de l’Union européenne, qui ont évoqué une possible extension du processus de Barcelone, dans le cadre duquel pays de l’Union européenne et autres pays méditerranéens se réunissent régulièrement. Le partenariat euro-méditerranéen de Barcelone, mis en place, en 1995, au plus fort du processus de paix israélo-palestinien, souffre justement de l’absence de règlement de ce conflit.

Reuters

Vue de Barcelona, en Espagne

Commentaire

En théorie, l’idée d’une Union méditerranéenne ne semble pas mauvaise. Toutefois, quand on s’efforce de l’imaginer concrètement, une objection fondamentale vient à l’esprit.

Miguel Angel Moratinos évoque un parlement méditerranéen dans lequel siégeraient des élus de tous les pays concernés, ce qui suppose le vote de lois par ce parlement. Or, à quelques rarissimes exceptions près, tous les pays arabes subissent un régime despotique -généralement tortionnaire- et leur parlement est monopolisé par les marionnettes du despote. Ce sont ces marionnettes qui représenteront ces pays au sein d’un parlement méditerranéen. Ce sont ces marionnettes qui proposeraient et voteraient des lois auxquelles les démocraties devraient se soumettre.

Négocier des accords de coopération entre pays méditerranéens est une chose. Mettre sur un pied d’égalité des démocraties et des régimes despotiques en est une autre. On crée une situation fondamentalement perverse obéissant à une logique interne dont il n’y a rien de bon à attendre.

Frank BRUNNER

Vue de Rabat, au Maroc

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source