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Le Monde, 7 août 2007

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo veut organiser l’élection présidentielle dès décembre 2007


Laurent Gbagbo

Dans un discours télévisé à la nation prononcé à la veille de la fête nationale, Laurent Gbagbo a estimé, lundi 6 août 2007 au soir, qu’il était possible d’"organiser l’élection présidentielle ivoirienne dès le mois de décembre 2007", "si nous sommes tous de bonne foi, si chacun est déterminé, comme je le suis, à ce que les élections aient lieu"."C’est le pari que je voudrais voir les Ivoiriens tenir, pour la paix en Côte d’Ivoire, pour la réconciliation nationale et pour l’avenir de notre pays", a ajouté le président ivoirien.

Côte d’Ivoire


La Côte d’Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d’Etat de la rébellion nordiste des Forces nouvelles (FN), en septembre 2002. La signature d’un accord de paix entre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, le 4 mars, a amorcé la réconciliation entre le Sud loyaliste et le Nord rebelle, le secrétaire général des Forces nouvelles devenant premier ministre, en avril 2007.

Guillaume Soro Kigbafori

Laurent Gbagbo a demandé à son premier ministre, Guillaume Soro, ancien chef rebelle, de "s’engager résolument" dans les préparatifs des élections, sans cesse repoussées depuis octobre 2005 en raison des blocages politiques et de la partition du pays. M. Gbagbo a appelé à la tenue d’un scrutin "propre", à l’abri de toute "fraude". Mais cette déclaration devrait donner du grain à moudre à l’opposition, qui accuse le président de vouloir "truquer" les élections en les organisant à la hâte. La plupart des observateurs, y compris des proches du premier ministre, estiment impossible de remplir correctement les objectifs du processus de paix ivoirien (identification, désarmement, élections) si les délais sont si courts. "La Côte d’Ivoire ne doit pas donner l’impression qu’elle retarde les élections qui seules confèrent la légitimité à tout dirigeant dans un régime démocratique, a ajouté le président ivoirien. La compétition sera donc ouverte et nul ne pourra prendre prétexte du rejet de sa candidature pour jeter le discrédit sur le scrutin." Laurent Gbagbo a en effet précisé que l’accord de Pretoria du 2 mai 2005 serait respecté. Celui-ci permet à tous les signataires de l’accord de paix de Marcoussis de janvier 2003 de désigner un candidat à l’élection présidentielle. L’ancien premier ministre, Alassane Ouattara, un des leaders de l’opposition, pourra donc se présenter. En octobre 2000, il avait été déclaré inéligible pour cause de "nationalité douteuse", ce qui avait déclenché une première et longue crise dans le pays.

Alassane Dramane Ouattara

Le président ivoirien a enfin souligné la nécessité de "reprendre dans l’immédiat les audiences foraines", première phase de l’identification des populations en vue des élections, "en tirant les leçons de l’échec de 2006", lorsque le débat politique sur ce thème avait dégénéré en affrontements politiques meurtriers. Laurent Gbagbo a souligné l’"unité retrouvée" du pays après la cérémonie de la Flamme de la paix du 30 juillet 2007, à Bouaké, au cours de laquelle MM. Gbagbo, Soro et les chefs d’état-major des deux armées, loyaliste et rebelle, ont déposé symboliquement les armes en signe de paix. Ni Alassane Ouattara, ni l’ancien président, Henri Konan Bédié, probables adversaires de Laurent Gbagbo à l’élection présidentielle, n’étaient cependant présents.

Avec AFP

Henri Konan Bédié

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source