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jeudi 27 avril 2017
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AP, 5 avril 2004

Entrée en vigueur de la mission onusienne de maintien de la paix en Côte d’Ivoire

Suivi d’un "Message collectif aux familles" écrit par le commandant français de l’Opération Licorne en Côte d’Ivoire


ABIDJAN, Côte d’Ivoire (AP) - Les soldats ouest-africains troquent leurs bérets de camouflage contre les casques bleus de l’ONU : la mission de maintien de la paix onusienne est officiellement entrée en vigueur, lundi 5 avril 2004, en Côte d’Ivoire, lors d’une cérémonie à Abidjan.


"C’est une journée de gloire et d’espoir pour la Côte d’Ivoire", a déclaré le représentant des Nations Unies dans le pays, Albert Tevoedjre.

D’ici juillet 2004, 6200 soldats devraient être déployés par l’ONU. Plusieurs pays contribuent à l’ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire), parmi lesquelles le Bangladesh, le Bénin, le Ghana, le Maroc et le Pakistan. Cette force s’ajoute aux 4000 troupes françaises de l’opération "Licorne".

Outre les 1400 soldats de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest), la mission onusienne comprendra des observateurs militaires ainsi que des membres de la police civile. Elle sera dotée d’un mandat de douze mois.

Lors d’un discours, le Premier ministre ivoirien Seydou Diarra a estimé que la mission onusienne arrivait à une "période décisive dans la résolution de la crise que connaît (le) pays".

Associated Press

Ci-dessous, un message, adressé collectivement aux familles, en date du 7 juillet 2003, par le chef du régiment français d’infanterie et de chars de Marine stationné en Côte d’Ivoire dans le cadre de l’Opération Licorne :

"Après un bref passage à Abidjan, l’escadron a rejoint le grand ouest du pays pour prendre en compte sa mission.

"Depuis bientôt 3 semaines, les pelotons sillonnent toutes les pistes de la zone de responsabilité qui s’étend sur 50km. Nous marquons, ainsi, la présence française dans la région et nos patrouillles ont pour but d’apporter la sécurité aux populations et de prévenir toutes velléité revancharde.

"La grande satisfaction des marsouins de l’escadron provient des sourires et des remerciements que nous adressent les populations locales. En effet, les villageois nous disent, unanimement, que depuis notre arrivée, ils peuvent " dormir tranquille ", ce dont nous sommes relativement fiers. Nous ne sommes pas là pour rien et avons la chance de constater les résultats positifs de notre action.

"Cette opération licorne permettra, également, aux jeunes, qui vivent aujourd’hui leur première mission extérieure, de découvrir un pays fabuleux, réputé comme étant la vitrine de l’Afrique de l’ouest.

"Les pelotons sont implantés dans des zones indépendantes ce qui leur laisse une large autonomie et permet de vivre une réelle vie de peloton sur poste. Nous échangeons beaucoup avec les habitants des environs. Ils nous rendent de grands services en échange de quelques rations (sorte de panier repas du militaire !) ou d’une faible rémunération. Ces échanges permettent, en aval, de faire vivre une famille complète.

"Les enfants recherchent notre présence. Ils nous apportent des régimes de bananes, mangues, papayes, ananas, et fruits de la passion en échange de quelques biscuits. Chacun trouve son compte dans ses trocs.

"Nos repas, quoique conséquents ne sont pas très variés, ils sont tous à base de féculents. Si je peux me permettre un conseil, Mesdames, évitez d’accueillir vos chers et tendres avec une plâtrée de pâtes ou de riz, ils frôleraient l’overdose !

"Nos journées sont rythmées par les patrouilles qui nous prennent, en général, une demie journée mais qui peuvent durer deux jours plein. Le reste du temps nous le consacrons à l’entretien de nos véhicules, à la garde de nos sites, au sport et à l’instruction.

"Dans la dernière quinzaine, quelques visites sont venues modifier le rythme habituel des pelotons avec notamment l’équipe du journal " Terre magazine " accueillie par les lieutenants Bouffard et Camus. Le peloton Combat est devenu spécialiste dans l’accueil d’autorités.

"Le peloton Charton est, quant à lui, détaché sous le commandement d’une unité du 1°RIMa (Angoulême), tout se passe pour le mieux.

"Pour couronner le tout, nous avons fêté les nouveaux promus du mois de juillet 2003 : les caporaux Belloumi, Henri, Jammey, Jehanno, Vuillaume et Wagnier ainsi que le 1er classe Bianchi qui sont passés respectivement caporaux-chefs et caporal.

"Je vous rassure, le moral de vos maris, amis, pères et enfants est au beau fixe.

"A part vous, la seule chose qui leur fait défaut est l’information de France. A part quelques flashs radio de RFI, nous sommes assez pauvres en info. Dans le même domaine, les liaisons téléphoniques ne sont pas toujours faciles. Vos conjoints ne sont donc pas responsables du silence téléphonique de ce début de mission.

"Mais je vous rassure, vos proches se portent bien, ils pensent à vous et aux enfants.

Je me permets, en leur nom, de transmettre toute l’affection qu’ils vous portent."

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