retour article original

samedi 27 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Proche Orient (4ème partie) : Avril 2004
AFP, 5 avril 2004

Proche Orient : Ariel Sharon envisage un retrait de "toute la bande de Gaza"


JERUSALEM (AFP) - Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a envisagé, lundi 5 avril 2004, un retrait de "toute la bande de Gaza" dans le cadre de son plan de séparation d’avec les Palestiniens, dans une interview à la radio militaire.


"Mon intention est de sortir de toute la bande de Gaza", a déclaré M. Sharon soulignant qu’il envisageait l’évacuation de toutes les colonies et non seulement de 17 des 21 sur place.

Concernant la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza, M. Sharon a estimé qu’il ne pensait possible d’évacuer "dans un premier temps, l’axe routier Philadelphie", qui marque cette frontière, compte tenu de "l’opposition des responsables israéliens de la défense".

"Mais je suis favorable à un retrait dans une seconde phase de l’axe Philadelphie et de l’ouverture du port de Gaza et de l’aéroport" après un retrait israélien, a-t-il ajouté.

Il a réaffirmé qu’il était prêt à remettre les maisons des colonies de la bande de Gaza aux Palestiniens une fois le retrait de cette région achevé.

"Nous n’avons pas l’intention de détruire les maisons dans la bande de Gaza, nous souhaitons entrer en contact avec des organisations internationales pour qu’elles prennent la responsabilité de ces bâtiments en échange de compensations financières", a affirmé M. Sharon.

M. Sharon a présenté, en février 2004, un "plan de séparation" d’avec les Palestiniens prévoyant un retrait de 17 des 21 colonies de la bande de Gaza où résident 7500 Israéliens.

A propos de la Cisjordanie, M. Sharon s’est déclaré partisan de l’évacuation de "quatre colonies, mais pas plus" en faisant allusion à quatre petites implantations isolées situées dans le nord de la Cisjordanie, soulignant que cette évacuation ne se ferait pas avant un an.

M. Sharon a par ailleurs affirmé que l’évacuation de ces colonies ne constitue pas "un geste" en faveur du président américain George W. Bush car l’opération n’aura pas lieu avant l’élection présidentielle américaine de novembre 2004.

Par ailleurs, faisant fit des critiques internationales, le Premier ministre israélien a réitéré ses menaces contre le dirigeant palestinien Yasser Arafat alors qu’Israël était, lundi 5 avril 2004, en état d’alerte, de crainte d’attentats lors de Pessah, la Pâque juive.

"Tous ceux qui tuent des juifs ou poussent à tuer des juifs ou des citoyens israéliens méritent la mort (...) On sait que Yasser Arafat est responsable du meurtre de juifs depuis des décennies", a affirmé M. Sharon à la radio publique deux semaines après l’élimination du fondateur du Hamas cheikh Ahmad Yassine, dans un raid aérien à Gaza.

En réponse aux critiques émises par les Etats-Unis contre de précédentes menaces lancées vendredi contre Yasser Arafat, M. Sharon a répondu que "tout pays qui se respecte, faisant face à des assassins, doit se défendre comme le font les Etats-Unis". A la radio militaire, M. Sharon a proclamé qu’Israël "est un pays indépendant". "Nous n’avons besoin d’autorisation de qui que que se soit pour nous défendre", a-t-il déclaré.

Vendredi 2 avril 2004, M. Sharon avait déjà laissé planer la menace d’une liquidation du chef de l’Autorité palestinienne en affirmant qu’il ne proposerait "à aucune compagnie d’assurance de l’assurer" sur la vie.

Les Etats-Unis ont demandé à Israël de ne pas s’en prendre à Yasser Arafat. "Notre position sur de telles questions -l’exil ou l’assassinat de Yasser Arafat- est très bien connue. Nous (y) sommes opposés et nous l’avons fait très clairement savoir au gouvernement d’Israël", a déclaré le secrétaire d’Etat adjoint Richard Armitage.

A plusieurs reprises, M. Sharon a reconnu dans le passé s’être engagé auprès du président américain George W. Bush à ne pas attenter à la vie du leader palestinien.

Sur le terrain, les forces de sécurité israéliennes ont encore élevé, lundi 5 avril 2004, leur niveau d’alerte, de craintes d’attentats en Israël et autour des colonies de Cisjordanie.

Il y a deux ans, 29 Israéliens avaient été tués le soir de la célébration de la Pâque juive dans un hôtel au nord de Tel Aviv lors de l’attentat suicide le plus sanglant depuis le début de l’Intifada.

Cette année la tension est d’autant plus forte que les groupes radicaux palestiniens ont juré de venger cheikh Yassine.

Cité par les médias, le ministre de la Défense Shaoul Mofaz a estimé, dimanche 4 avril 2004, que les "organisations terroristes font preuve d’une forte motivation pour commettre des attentats à la bombe durant Pessah". Il a également indiqué que le bouclage total des territoires palestiniens sera maintenu pendant deux semaines jusqu’à la fête de l’indépendance d’Israël.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source