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vendredi 26 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (3ème partie) : Du 1er avril 2004 au 15 avril 2004
AFP, 6 avril 2004

Irak : 105 morts côté irakien, 19 côté coalition depuis dimanche 4 avril 2004


BAGDAD (AFP) - Les affrontements entre miliciens du chef chiite radical Moqtada Sadr et la coalition et la violence ailleurs en Irak ont fait au moins 105 morts et 500 blessés côté irakien et coûté la vie à 19 soldats de la coalition, depuis dimanche 4 avril 2004, selon un décompte établi sur des bilans locaux.


Par ailleurs le jeune chef radical chiite Moqtada Sadr a annoncé, mardi 6 avril 2004, dans un communiqué, qu’il avait quitté la mosquée de Koufa où il s’était retranché "afin d’éviter une effusion de sang" et a regagné la ville sainte de Najaf. "J’ai pris sur moi de ne pas faire couler le sang des autres", a affirmé le chef chiite, ajoutant "craindre que le site sacré de la mosquée ne soit violé (...) par des gens qui ne reculent devant rien".

Le président américain George W. Bush a réaffirmé, lundi 5 avril 2004, vouloir transférer la souveraineté aux Irakiens à la date prévue, le 30 juin prochain, tandis que le chef du Commandement central américain (Centcom), le général John Abizaid, a envisagé l’envoi de renforts militaires en Irak et demandé à ses commandants de définir rapidement plusieurs options militaires possibles.

Mardi 6 avril 2004, la révolte sanglante lancée par les partisans de Moqtada Sadr contre les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis s’est poursuivie dans plusieurs villes du pays, dont la capitale Bagdad.

Cent cinq Irakiens ont été tués et 500 blessés dans ces violences en deux jours, selon un décompte de l’AFP établi sur la base de bilans locaux.

Parallèlement, l’armée américaine a poursuivi, mardi 6 avril 2004, ses opérations contre la guérilla sunnite à l’ouest de Bagdad, et particulièrement dans la ville rebelle de Falloujah, à 50 km de la capitale.

L’armée américaine a annoncé, mardi 6 avril 2004, avoir perdu sept soldats dans des attaques ou des opérations militaires, portant à 19 -18 Américains et un Salvadorien- le nombre de militaires de la coalition tués depuis dimanche 4 avril 2004 en Irak.

Quatre hôpitaux de Sadr City, quartier chiite du nord-est de Bagdad théâtre de très violents affrontements avec des partisans de Moqtada Sadr, ont indiqué, mardi 6 avril, avoir reçu au total 57 morts et 236 blessés depuis dimanche 4 avril 2004.

A Nassiriyah (375 km au sud-est de Bagdad), une quinzaine d’Irakiens ont été tués et 12 carabiniers italiens blessés, mardi 6 avril 2004, lors d’échanges de tirs, a annoncé l’agence italienne Ansa en citant des sources au sein de l’autorité provisoire de la coalition.

A Amara, au nord-est de Nassiriyah, de semblables affrontements entre forces britanniques et chiites radicaux ont fait 12 morts et 27 blessés parmi les Irakiens depuis le début de la révolte.

Cette ville a connu des accrochages pendant toute la nuit de lundi 5 avril à mardi 6 avril 2004.

Les forces britanniques ont par la suite déployé des chars et des véhicules de transport de troupes sur les axes principaux de l’agglomération, selon des habitants.

En revanche, à Bassorah, la grande ville chiite du sud de l’Irak, un accord est intervenu entre la coalition et les partisans de Moqtada Sadr, aux termes duquel la ville est repassée sous le contrôle de la police irakienne, a indiqué le représentant du mouvement Sadr dans la ville, cheikh Salem Adel Saleh.

Mardi 6 avril 2004 au matin, seules des unités de police patrouillaient dans les rues de la ville où aucun milicien du mouvement Sadr en armes n’était visible. Les partisans de Moqtada Sadr qui avaient pris le contrôle du siège du gouvernorat dans la matinée de lundi se sont retirés du bâtiment.

Selon cheikh Saleh, l’accord prévoit que les forces britanniques resteront dans leur caserne et qu’elles suspendront toute patrouille ou opération de contrôle dans la ville.

A Falloujah, théâtre il y a une semaine du meurtre de quatre civils américains dont les corps de deux d’entre eux avaient été mutilés, les Marines poursuivaient leur opération d’envergure destinée à capturer, vraisemblablement, les auteurs de ces exactions.

A Baaqouba, autre ville sunnite à 60 km au nord de la capitale, un interprète irakien travaillant pour l’armée américaine a été abattu, mardi 6 avril au matin, par deux hommes qui ont pris la fuite.

En raison de la détérioration très nette des conditions de sécurité en Irak, le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé, mardi 6 avril 2004, qu’il avait suspendu le rapatriement par convois vers le sud de l’Irak de réfugiés irakiens installés en Iran.

Les autorités de Téhéran ont d’ailleurs demandé pour les mêmes raisons à leurs ressortissants de ne pas se rendre en Irak, même pour de courts pèlerinages dans les lieux saints du chiisme du pays.

L’Italie, comme plus tôt le Portugal, le Salvador et le Honduras, a pour sa part affirmé, mardi 6 avril 2004, qu’elle entendait maintenir sa présence en Irak au sein des forces de la coalition malgré la flambée de violences.

L’Australie a quant à elle dit ne pas envisager d’envoyer des renforts dans le pays.

Les affrontements en cours sont les plus meurtriers depuis la chute du pouvoir de Saddam Hussein le 9 avril 2003. Les troupes américaines avaient alors été accueillies comme des libérateurs par la communauté chiite, majoritaire en Irak et réprimée sous l’ancien régime.

Mais l’arrestation, samedi 3 avril 2004, du chef du bureau de Moqtada Sadr à Najaf, Moustafa Yaacoubi, impliqué, selon la coalition, dans le meurtre, en avril 2003, à Najaf, du chef chiite libéral Abdel Majid al-Khoï, a mis le feu aux poudres.

Moqtada Sadr a annoncé, mardi 6 avril 2004, dans un communiqué, qu’il avait quitté la mosquée de Koufa, où il s’était retranché, "afin d’éviter une effusion de sang" et qu’il avait regagné la ville sainte de Najaf.

Lundi 5 avril 2004, M. Bush a menacé le chef radical chiite, en ajoutant que l’objectif était désormais de l’arrêter.

Plus tôt, le porte-parole de la coalition à Bagdad, Dan Senor, avait annoncé qu’un mandat d’arrêt avait été délivré il y a plusieurs mois contre Moqtada Sadr, dans le cadre de l’affaire Khoï.

Le président américain a en outre réaffirmé, lundi 5 avril 2004, que la date du 30 juin serait respectée pour le transfert de la souveraineté de la coalition à un exécutif irakien.

"Notre intention est de nous assurer que l’échéance reste la même", a déclaré M. Bush à la presse, en affirmant également que les Etats-Unis ne plieraient pas devant la violence. "Nous ne serons pas ébranlés par des bandits et des terroristes", a-t-il assuré. "Plus nous nous rapprocherons de l’échéance (du 30 juin), plus ils nous attaqueront", a-t-il ajouté.

Mardi 6 avril 2004, l’envoyé spécial de l’ONU en Irak, Lakhdar Brahimi, a poursuivi ses réunions, qualifiées d’"instructives", avec les dirigeants irakiens sur les modalités de transfert de souveraineté.

Agence France Presse

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