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mercredi 23 août 2017
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AFP, 3 septembre 2007

Corruption : L’ex-Premier ministre Khaleda Zia emprisonnée au Bangladesh

par Shafiq ALAM


Vue de Dhaka

DACCA (AFP) - Le gouvernement du Bangladesh, soutenu par l’armée, a emprisonné, lundi 3 septembre 2007, l’ex-Premier ministre Mme Khaleda Zia, accusée de corruption, donnant un tour spectaculaire à sa purge de l’ancienne classe dirigeante.

Bangladesh


Ces huit derniers mois, les autorités du pays se sont lancées dans une vaste purge de l’ancienne classe dirigeante présumée corrompue de ce pays pauvre d’Asie du Sud. Les libertés publiques ont été restreintes et plus de 150 responsables politiques, hommes d’affaires et hauts fonctionnaires ont été placés en détention. Mme Zia a été Premier ministre de 1991 à 1996, puis de 2001 à octobre 2006. Le fils aîné de Mme Zia, Tareque Rahman, avait été interpellé, en avril 2007, accusé d’extorsion de fonds. Mme Zia et son fils cadet, Arafat Rahman Coco, ont été interpellés à leur domicile de la capitale, Dacca, conduits au tribunal, puis placés en détention provisoire pour la durée de l’enquête d’une commission anticorruption. Cet organisme avait entamé des poursuites, dimanche 2 septembre 2007 au soir, contre Mme Zia et son fils, soupçonnés d’avoir influencé le résultat d’un appel d’offres public au cours de son second mandat, ce qui aurait coûté au gouvernement de l’époque 145 millions de dollars.

Arrestation de Tareque Rahman (au centre de l’image)

Mme Zia, Premier ministre jusqu’en octobre 2006 et présidente du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), était en fait déjà assignée à résidence depuis la mi-avril, accusée d’extorsion de fonds. Elle est la dernière et la plus spectaculaire cible du gouvernement de technocrates qui a pris le pouvoir, le 12 janvier 2007, porté par les militaires, au lendemain de l’établissement de l’état d’urgence et de l’annulation d’élections législatives prévues dix jours plus tard. Un nouveau scrutin législatif doit avoir lieu d’ici à la fin 2008.

Khaleda Zia

A la fin août 2007, face à un mouvement d’étudiants qui l’inquiétait, le pouvoir avait imposé pendant quelques jours un couvre-feu dans six grandes villes du pays. Un important contingent de policiers était déployé autour de la résidence de Mme Zia, mais les arrestations ou convocations, ces derniers mois, de hauts responsables bangladais, n’ont pas déclenché de manifestations de colère dans le pays. "L’avocat de Mme Zia a plaidé pour sa libération sous caution, mais le tribunal a refusé et l’a envoyée en prison. Son fils est aussi en garde à vue pour sept jours", a expliqué le commissaire adjoint, Shahidul Haq Bhuiyan. Pour l’avocat de Mme Zia, l’arrestation de sa cliente a pour but de "l’exclure de force de la vie politique", en s’appuyant sur une affaire "de conspirateurs, fabriquée (...) et imaginaire". "Elle a dit, devant le tribunal, qu’elle en reviendrait plus forte", a promis Me Abdul Wadud Khandaker.

Vue de Dhaka

Mme Zia, âgée de 63 ans, a été "envoyée dans une prison spéciale", à deux pas d’un autre établissement pénitentiaire où est détenue, depuis la mi-juillet 2007, Cheikh Hasina Wajed, autre ancien Premier ministre et dirigeante de l’opposition, pour des faits présumés d’extorsion de fonds et de complicité de meurtres. Mmes Zia et Hasina sont deux femmes sexagénaires rivales qui ont monopolisé, pendant quinze ans le système politique bangladais, se succédant en tant que Premier ministre et opposante. Le gouvernement intérimaire, au pouvoir depuis janvier, avait tenté, au printemps 2007, de contraindre à l’exil les deux femmes politiques, mais les projets avaient échoué.

Shafiq ALAM

Hasina Wajed

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