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AFP, 8 septembre 2007

Algérie : Attentat-suicide contre une caserne

par Hassen ZENATI


Le lieu d’un attentat, à Dellys, le 8 septembre 2007

DELLYS (AFP) - Une attaque-suicide a fait,

samedi 8 septembre 2007, vingt-huit morts, dont la plupart des garde-côtes de la marine de guerre algérienne, et une soixantaine de blessés, à Dellys, petit port de Kabylie, à 70 km à l’est d’Alger, selon un bilan provisoire de sources hospitalières. Il s’agit de l’un des attentats les plus meurtriers survenus en Algérie ces derniers mois. Le bilan risque de s’aggraver lourdement, selon un officier de la protection civile. Plusieurs civils, notamment des travailleurs du port, figurent parmi les blessés.

Algérie


La région de Dellys, en Kabylie, avait été le théâtre de plusieurs attaques islamistes ces dernières années. Adossée à la montagne de Sidi Ali Bounab, connue pour sa forêt touffue, elle est considérée comme un fief des islamistes depuis le début des violences en 1990 en Algérie. Le kamikaze était à bord d’une fourgonnette bourrée d’explosifs, selon les premiers témoignages recueillis par l’AFP. Son identité et son appartenance politique ne sont pas connues. Le kamikaze visait une caserne des garde-côtes de la marine algérienne. Il a défoncé une porte d’entrée à l’arrière de la caserne et a pénétré à une vingtaine de mètres à l’intérieur, selon des témoins. La fourgonnette, immatriculée dans le département d’Alger, servait à l’approvisionnement de la caserne. Le livreur habituel avait été enlevé peu avant l’attentat et remplacé par le kamikaze, selon les premiers éléments de l’enquête. Le fourgon a explosé à l’intérieur de caserne, composé de chalets en préfabriqué, dont la plupart ont été éventrés par la puissance du souffle de la déflagration. Des débris de bois, de ferraille et de béton jonchaient le port sur plusieurs centaines de mètres. Des vêtements et des valises ont été projetés sur les poteaux électriques et les barrières du port. Une noria d’ambulances et d’hélicoptères était visible à partir des lieux de l’attentat. Le port a été bouclé et un cordon de policiers antiterroristes y a été déployé. Les forces de sécurité ont pris position dans la ville, alors que la population consternée tentait de s’informer auprès de policiers nerveux.

Le lieu d’un attentat, à Batna, le 6 septembre 2007

L’attentat n’avait pas été revendiqué, samedi 8 septembre, en début d’après-midi. Le chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, a affirmé que le terrorisme islamiste était "en déclin" en Algérie, car les auteurs d’attentats "n’ont pas réussi, depuis dix-sept ans, et ne réussiront jamais, dans leur besogne désespérée de frapper la stabilité du pays". M. Belkhadem a estimé que l’attentat de Dellys était "une tentative de parasiter la politique de réconciliation nationale de la part de ceux qui se sont détournés du droit chemin", dans une référence aux islamistes armés ayant refusé de se rendre dans le cadre de la politique de réconciliation nationale du président, Abdelaziz Bouteflika.

Le lieu d’un attentat, à Batna, le 6 septembre 2007

Cette attaque à la voiture piégée intervient au surlendemain d’un attentat-suicide visant le cortège du président, Abdelaziz Bouteflika, à Batna, qui a fait vingt-deux morts et plus de cent blessés, et à quelques jour du début du ramadan (jeûne musulman) propice au jihad, selon les islamistes. Plusieurs attentats kamikazes ont eu lieu, depuis le 11 avril, en Algérie. Deux attaques simultanées à la voiture piégée avaient visé le palais du gouvernement et un commissariat, faisant au moins trente morts et plus de deux-cents blessés, selon un bilan officiel. A Lakhdaria (ancienne Palestro, une caserne de l’armée avait été, le 11 juillet 2007, la cible d’un kamikaze à bord d’un véhicule frigorifique piégé. L’attaque avait fait dix morts et trente-cinq blessés parmi les militaires.

Le lieu d’un attentat, à Batna, le 6 septembre 2007

Les attentats d’Alger et de Lakhdaria avaient été revendiqué par la Branche d’Al-Qaïda au Maghreb (ex-GSPC algérien), affiliée à la nébuleuse d’Oussama Ben Laden et dirigé par Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossab Abdelouadoud. Selon les experts algériens de l’antiterrorisme, ce groupe aurait constitué une brigade de kamikazes parmi les jeunes recrues du maquis, dont le fils d’Ali Belhadj, ancien numéro deux du Front islamique du salut (FIS, dissous), Abdel Qahar Belhadj, âge de 20 ans. Les autorités, qui redoutent la multiplication de ces attaques-suicides, contre lesquelles elles cherchent en vain une parade, ont durci le ton contre les islamistes armés.

Hassen ZENATI

Le lieu d’un attentat, à Batna, le 6 septembre 2007

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