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lundi 22 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (3ème partie) : Du 1er avril 2004 au 15 avril 2004
Reuters, 6 avril 2004

La résistance s’intensifie en Irak

par Ghaith ABDUL-AHAD


NADJAF, Irak (Reuters) - Les partisans de l’imam chiite radical Moqtada Al Sadr ont provoqué, mardi 6 avril 2004, pour la troisième journée consécutive, de nouveaux accrochages meurtriers avec les forces emmenées par les Etats-Unis, dont ils exigent le retrait des villes irakiennes avant tout arrêt des violences.


Des combats ont éclaté dans tout le sud chiite de l’Irak, relativement épargné depuis le renversement de Saddam Hussein en avril 2003, contrairement aux secteurs sunnites favorables à l’ancien régime, où l’armée américaine a annoncé de nouvelles pertes mardi 6 avril 2004.

Malgré l’ouverture de ce nouveau front dont ils atténuent la portée, les Etats-Unis affirment qu’ils mettront au pas Moqtada Sadr, réfugié à Nadjaf en compagnie de ses partisans, et qu’ils respecteront la date-butoir du 30 juin 2004 pour le transfert de souveraineté aux Irakiens, ce qu’a confirmé le Premier ministre britannique Tony Blair.

Les combats les plus meurtriers, pour la journée de mardi 6 avril 2004, se sont déroulés à Nassiriah, à environ 375 km au sud-est de Bagdad.

D’après l’administration américaine de l’Irak, une quinzaine d’Irakiens ont trouvé la mort dans les affrontements entre les partisans de Moqrada Al Sadr et l’armée italienne, qui a lancé une offensive avant l’aube pour reprendre le contrôle des ponts de la ville toujours aux mains de l’"armée de Mehdi", la milice du jeune chef radical chiite.

Douze soldats italiens ont été blessés.

66 morts à Bagdad

Toujours dans le sud de l’Irak, un soldat ukrainien a été tué et six autres blessés dans des affrontements près de Kout et des accrochages ont également été signalés à Amara, où stationnent des forces britanniques.

Les quartiers chiites de Bagdad ont aussi été le théâtre de violences. L’armée américaine a annoncé la perte de trois soldats depuis lundi 5 avril 2004 au soir, au cours d’attaques distinctes, dans le quartier de Kadhimia.

L’arrestation d’un collaborateur de Moqtada Al Sadr accusé de meurtre, et l’interdiction du journal du dirigeant chiite par les autorités américaines du pays, ont déclenché de violentes manifestations depuis dimanche 4 avril 2004, en Irak.

Au moins 48 Irakiens, huit soldats américains et un militaire salvadorien sont morts dans les affrontements qui ont éclaté, dimanche 4 avril 2004, à Bagdad et à Nadjaf.

Le ministère de la Santé estime que, dans la seule capitale irakienne, les violences ont tué 66 Irakiens et fait 317 blessés depuis dimanche 4 avril 2004.

Lui-même recherché pour meurtre, Moqtada Al Sadr s’est réfugié à Nadjaf, ville sainte de l’islam chiite, où ses partisans ont juré d’empêcher son arrestation par les forces américaines.

"Cette insurrection prouve que le peuple irakien ne se satisfait pas de l’occupation et qu’il n’acceptera pas l’oppression", a affirmé dans un communiqué Moqtada Al Sadr, pourtant désavoué par les autorités religieuses chiites du pays, dont leur figure la plus vénérée, l’ayatollah Ali Sistani.

Des blindés US à Fallujah

Les partisans de Moqtada Al Sadr ont en outre prévenu qu’ils combattraient les forces américaines tant qu’elles n’auraient pas quitté les villes irakiennes ni libéré les prisonniers.

Dans un enregistrement audio diffusé sur un site internet islamiste, et attribué au dirigeant d’Al Qaïda Abou Moussab Zarkaoui, ce dernier jure également de lancer de nouvelles attaques contre l’armée américaine en Irak tant qu’elle fera "couler le sang des sunnites".

L’armée américaine a annoncé, mardi 6 avril 2004, la mort de cinq de ses soldats, la veille, dans la province sunnite d’Anbar, à l’ouest de Bagdad.

Des colonnes de blindés américains appuyés par des hélicoptères ont pénétré, mardi 5 avril 2004 après-midi, dans le centre de Falloudja, située dans cette province rétive. Selon des médecins, au moins deux civils, dont une adolescente, sont morts dans les combats qui ont suivi.

Ce déchaînement de violences chiites en Irak a mis en difficulté le président américain George Bush avant l’élection présidentielle de novembre 2004 aux Etats-Unis.

L’administrateur américain de l’Irak, Paul Bremer, a toutefois balayé les critiques démocrates évoquant un nouveau Vietnam.

"Je pense que cette comparaison est totalement inopportune. Il n’y a absolument rien de commun avec le Vietnam", a-t-il répliqué.

D’après un sondage, seuls 40% des électeurs américains approuvent désormais la façon dont leur président conduit sa politique en Irak, soit 19 points de moins qu’en janvier.

Les critiques n’émanent toutefois pas seulement d’adversaires politiques de Bush.

Pour Hans Blix, ancien chef des inspecteurs de l’Onu chargés de vérifier les accusations américaines sur l’arsenal irakien, la guerre en Irak n’a fait qu’accroître le terrorisme quand Bush affirmait au contraire avant son déclenchement qu’elle en réduirait la menace.

La France, pour sa part, a exclu un rôle de l’OTAN en Irak tant que l’ONU n’y dirigerait pas "l’ensemble des opérations".

Ghaith ABDUL-AHAD

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