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AFP, 14 septembre 2007

Informations internationales : L’ONU adopte une déclaration protégeant les droits des peuples autochtones

par Gérard AZIAKOU


Un enfant Nukak et son ami singe, en Colombie

NEW YORK (AFP) - L’Assemblée générale de l’ONU a adopté, jeudi 13 septembre 2007, une déclaration non contraignante visant à protéger les droits des quelque 370 millions d’autochtones dans le monde, malgré l’opposition de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Canada et des Etats-Unis. Au sein de l’Assemblée qui compte 192 membres, 158 ont participé au vote : 143 ont voté pour, 4 contre et 11 -dont la Russie et la Colombie- se sont abstenus. La déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones concerne la protection des personnes, des terres et des ressources.

Un Indien de la tribu Arara, au Brésil


Cette déclaration, adoptée après vingt ans de débats au sein des Nations Unies, affirme notamment que "les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination et qu’en vertu de ce droit ils déterminent librement leur statut politique et recherchent librement leur développement économique, social et culturel". Parmi les sources de contentieux, un article qui affirme que "les Etats doivent apporter reconnaissance légale et protection" aux terres, territoires et ressources traditionnellement "détenus, occupés, utilisés ou acquis" par des autochtones. Autre source de discorde, la mention du fait que les Etats doivent accorder réparation aux autochtones "en ce qui concerne les biens culturels, intellectuels, religieux et spirituels qui leur ont été pris sans leur consentement libre, préalable et éclairé, ou en violation de leurs lois, traditions et coutumes". Les opposants au texte rejettent également la nécessité "d’obtenir le consentement libre et éclairé (des autochtones) avant l’adoption de tout projet affectant leurs terres, territoires et autres ressources, en particulier en lien avec le développement, l’utilisation ou l’exploitation de minéraux, d’eau ou autres ressources". "Malheureusement, les clauses dans la déclaration concernant les terres, territoires et ressources sont extrêmement vagues, peu claires et susceptibles d’une grande variété d’interprétations", a affirmé l’ambassadeur canadien à l’ONU, John McNee. Le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis, pays où vit une population autochtone conséquente, ont exprimé leur déception face à ce texte en raison de la mention du droit à l’autodétermination et du droit à la terre et aux ressources. Ils critiquent également le fait que le texte permet aux peuples autochtones d’exercer un droit de veto sur la législation nationale et la gestion des ressources.

Des enfants aborigènes, en Australie

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué l’adoption de ce texte comme "un triomphe pour les peuples autochtones à travers le monde", marquant un moment "historique". Les peuples autochtones affirment que leurs terres sont menacées par une grande variété d’activités, comme l’extraction minière, l’exploitation forestière, la contamination de l’environnement, les projets de développement, la création de zones protégées ou de réserves de chasse, l’usage de semences génétiquement modifiées et la monoculture intensive. Le leader canadien autochtone, Phil Fontaine, a fustigé de son côté la position du Canada, où vivent 1,3 million d’autochtones sur une population totale de 32,7 millions. "Nous sommes très déçus de l’opposition du Canada à la déclaration sur les droits des peuples autochtones", a-t-il dit.

Gérard AZIAKOU

Phil Fontaine

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