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AFP, 18 septembre 2007

Informations internationales : Récupérer l’argent mal acquis des anciens tyrans est une priorité de l’ONU


Vue du siège de la Banque Mondiale, à Washington DC

WASHINGTON (AFP) - L’Organisation des Nations Unies et la Banque mondiale se sont engagées, lundi 17 septembre 2007, aux côtés des pays en développement qui peinent souvent à récupérer les trésors frauduleusement accumulés par leurs anciens dirigeants pendant leur passage à la tête de l’Etat. 40 milliards de dollars sont pillés chaque année dans les pays les plus pauvres de la planète, le plus souvent du fait de personnes figurant aux plus hauts niveaux de l’Etat, ont avancé l’ONU et la Banque Mondiale, en lançant leur "initiative pour le recouvrement des actifs volés" (STAR, en anglais).

Ban Ki-Moon


"Cette initiative va favoriser la très nécessaire coopération entre pays développés et pays en développement, entre secteur public et secteur privé, pour faire en sorte que les actifs pillés reviennent à leurs légitimes propriétaires", a indiqué le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. "Il ne devrait pas y avoir de sanctuaire pour ceux qui volent les pauvres", a ajouté le nouveau président de la Banque Mondiale Robert Zoellick. Cette initiative est, selon lui, un avertissement lancé aux dirigeants corrompus, pour leur dire "qu’ils n’échapperont pas à la loi". "Pour chaque centaine de millions de dollars récupérés, on pourrait financer la vaccination complète de quatre millions d’enfants, l’adduction d’eau pour 250000 foyers ou le traitement contre le VIH/sida de 600000 personnes pendant un an", a expliqué à la presse Daniel Leipziger, vice-président de la Banque Mondiale en charge de la réduction de la pauvreté et de la gestion économique.

Robert Zoellick

La nouvelle initiative prévoit une collaboration entre la Banque Mondiale et le Bureau des drogues et des crimes des Nations Unies, pour aider les pays en développement à mettre en place les institutions capables "de détecter et d’empêcher les flux d’argent illégal, réduisant ainsi la possibilité que ces fonds soient volés", a ajouté M. Leipziger. La Banque Mondiale va aussi faire pression sur les pays développés pour que ceux-ci adoptent "les normes les plus strictes", en matière de blanchiment d’argent sale.

Une victime du sida

Ngozi Okonjo-Iweala, l’ancienne ministre nigériane des Finances à l’origine du recouvrement de 500 millions de dollars volés par l’ancien dictateur Sani Abacha, a estimé que l’initiative StAR marquait un "rééquilibrage" des responsabilités du Nord et du Sud dans la lutte anti-corruption. "Les pays en développement ont besoin de lutter contre la corruption et d’endiguer le flot de fonds illégaux, et les pays développés doivent faire en sorte qu’il n’y ait pas de sanctuaire pour ces fonds chez eux", a-t-elle expliqué. "Si les deux côtés coopèrent, les corrompus sauront que tout l’argent qui sort sera renvoyé dans son pays d’origine", selon l’ancienne ministre. Mme Okonjo-Iweala a appelé l’ONU et la Banque Mondiale à faire pression sur leurs membres pour que tous ratifient la Convention contre la corruption de l’ONU (UNCAC), entrée en vigueur fin 2005, et qui oblige les pays signataires à renvoyer l’argent illégalement acquis dans son pays d’origine. Plusieurs pays du G8 -l’Allemagne, le Canada, l’Italie et le Japon- n’ont toujours pas ratifié l’UNCAC, tout comme certains importants centres financiers tels que le Luxembourg, l’Irlande et la Suisse.

Agence France Presse

Ngozi Okonjo-Iweala

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source