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mercredi 19 juin 2013
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Reuters, 19 septembre 2007

Proche Orient : La bande de Gaza est sur le pied de guerre

par Nidal Al-MOUGHRABI


Les troupes d’occupation israéliennes tirent des grenades lacrymogènes contre les Palestiniens, à Al-Ain, le 19 septembre 2007

GAZA (Reuters) - Des hommes masqués, le front ceint de bandeaux colorés, le doigt sur la gâchette de leurs fusils d’assaut, sont tapis derrière des sacs de sable. D’autres manipulent des explosifs le long des rues de Gaza. Depuis plusieurs jours, les militants palestiniens s’attendent à une incursion de l’armée israélienne dans la petite bande côtière. Une offensive plus ambitieuse que les habituelles "opérations ciblées" de l’armée israélienne ces derniers mois.

Un soldat israélien tire sur des Palestiniens, à Al-Ain, le 19 septembre 2007


La décision, mercredi 19 septembre, de l’Etat juif de décréter "entité ennemie" la bande de Gaza, passée, à la mi-juin 2007, sous le contrôle des islamistes du Hamas, après des semaines de combats fratricides, n’a fait que renforcer la détermination des résistants palestiniens. Pour le Hamas, la décision du cabinet restreint israélien équivaut à "une déclaration de guerre". "Si Israël veut recourir à l’action militaire à Gaza, nous sommes prêts à y faire face. Nous ne nous rendrons pas", affirme le porte-parole du mouvement islamiste, Faouzi Barhoum. Depuis plusieurs jours, des centaines de combattants palestiniens ont pris position le long de la clôture qui marque la frontière entre la bande de Gaza et le sud d’Israël. D’autres se sont déployés dans les rues de Gaza. Des civils remplissent des sacs de sable pour ériger des barrages et faire obstacle à toute avancée ennemie. "Tous ces préparatifs nous donnent le sentiment que les Israéliens peuvent nous envahir d’un moment à l’autre", déclare Khaled Ali, un chauffeur de taxi arrêté à un barrage routier. "Si c’est le cas, ce sera un massacre", ajoute-t-il.

Evacuation d’un Palestinien blessé par l’armée israélienne, à Al-Ain, le 19 septembre 2007

En réponse aux tirs de roquettes Kassam sur Israël en provenance de Gaza, les Israéliens sont désormais en mesure de réduire leurs livraisons de carburant et d’électricité au petit territoire palestinien et ont promis de poursuivre leurs attaques ciblées contre des militants. Une partie de la droite israélienne a accentué la pression sur Ehud Olmert pour qu’il lance une offensive de grande envergure contre Gaza afin de réduire les résistants palestiniens. Echaudé par l’expérience de la guerre de l’été 2006 au Liban, le Premier ministre a résisté à ces pressions, préférant l’arme économique et les opérations militaires limitées.

Un soldat israélien lance une grenade fumigène contre des Palestiniens, à Al-Ain, le 19 septembre 2007

Mais les Palestiniens s’attendent à des frappes plus étendues depuis qu’une roquette a blessé 35 soldats de l’armée israélienne, en début de semaine dernière, dans un camp du sud d’Israël. Les séances d’entraînement au tir se sont intensifiées, ces derniers jours, dans tout le territoire. A la tombée de la nuit, des mines sont posées le long de la frontière, puis retirées au petit matin. "Dieu est avec nous et Dieu est plus grand qu’Israël et que l’Amérique", assure Abou Ahmed, porte-parole de la branche armée du Jihad islamique, qui a revendiqué l’attaque à la roquette du 11 septembre contre le camp militaire israélien de Kissim. Pour certains habitants de Gaza, une offensive israélienne forcerait les frères ennemis du Hamas et du Fatah à s’unir contre l’ennemi commun. "Les balles ennemies ne font pas de distinction entre le Hamas et le Fatah", lance Abou Saër, porte-parole des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, un groupe issu du Fatah. "En cas d’attaque, les frères du Hamas et du Fatah lutteront ensemble contre l’ennemi sioniste", assure-t-il. Un avis partagé par Ali, un commerçant proche du Fatah qui ne veut pas donner son nom de famille. "Une guerre contre Israël permettrait au moins de mettre de côté nos conflits internes", dit-il.

Des Palestiniens lancent des pierres contre les troupes d’occupation israéliennes, à Al-Ain, le 19 septembre 2007

Mais, mercredi 19 septembre 2007 encore, des incidents ont opposé des militants des deux groupes rivaux. Deux membres de la Force exécutive du Hamas ont été blessés par balles, dans un camp de réfugiés. Cette attaque a entraîné l’arrestation de dizaines de partisans du Fatah. Pour Hani Habib, spécialiste de la vie politique à Gaza, il n’est pas sûr qu’une offensive israélienne puisse réconcilier les clans en présence. "Théoriquement, on pourrait le penser, mais on a vu, pendant les combats de mai, que ce n’était pas le cas", dit-il. De plus, ajoute-t-il, "le Hamas est en crise et je vois mal les Israéliens lancer une offensive de grande envergure à Gaza, au risque finalement de renforcer l’influence des islamistes".

Nidal Al-MOUGHRABI

Un Palestinien à Al-Ain, le 19 septembre 2007

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