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AFP, 23 septembre 2007

Informations internationales : Accord historique, à Montréal, pour protéger la couche d’ozone et le climat

par Philippe SAUVAGNARGUES


Vue de Montréal

MONTREAL (AFP) - Près de 200 pays ont décidé, à Montréal, d’accélérer de dix ans l’élimination de substances nocives pour la couche d’ozone, un important accord qui contribuera en même temps à la lutte contre le réchauffement climatique. Ce sont 190 pays, plus l’Union européenne, qui se sont mis d’accord, à l’issue d’une conférence d’une semaine, à Montréal, pour geler puis éliminer plus tôt que prévu les HCFC (hydrochlorofluorocarbones), des substances nocives pour la couche d’ozone utilisées dans la réfrigération et la climatisation. Leur élimination accélérée contribuera en même temps de façon importante à la lutte contre le réchauffement climatique, car ce sont aussi un puissant gaz à effet de serre.

Le trou d’ozone le 18 septembre 1979


Signé en 1987, le protocole de Montréal, considéré comme l’accord environnemental le plus efficace, prévoyait l’élimination des HCFC en 2030 pour les pays développés et 2040 pour les pays en développement. En vertu de l’entente de Montréal, la production de ces substances sera gelée en 2013 à son niveau de 2009-2010, avant leur élimination totale, qui a été avancée à 2020 pour les pays développés et 2030 pour les pays en développement. Les pays développés sont convenus de réduire leur production et leur consommation de 75 % dès 2010, puis de 90 % en 2015. Quant aux pays en développement, ils ont accepté une réduction de 10 % en 2015, qui passera à 35 % en 2020 et à 67,7 % en 2025. L’ozone, une molécule issue de l’oxygène, joue un rôle essentiel en filtrant les rayons ultra-violets B, responsables notamment des cancers de la peau. Les scientifiques estiment que la couche d’ozone pourrait, d’ici à 2050 ou 2060, retrouver un état "voisin" de celui de 1980, avant que les trous dans la couche d’ozone ne s’accroissent jusqu’à atteindre, en septembre 2006, la dimension record de 29,5 millions de km2. Sans le protocole de Montréal, quelque 100 millions de cancers de la peau supplémentaires auraient été contractés d’ici à 2020.

Le trou d’ozone le 24 septembre 2006

"Nous assistons aujourd’hui à une action historique pour notre environnement", s’est félicité, samedi 22 septembre 2007, le ministre canadien de l’Environnement, John Baird. M. Baird et le directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), Achim Steiner, ont vu dans ce succès un "signal vital" avant les rencontres sur les changements climatiques, en particulier le sommet convoqué, la semaine prochaine, à New York, par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Selon le PNUE, l’accélération de l’élimination des HCFC doit permettre de réduire de 3,5 % les émissions GES de la planète. MM. Baird et Steiner ont salué le rôle constructif joué par la Chine. Pékin réclamait une aide pour faciliter sa transition vers des substances moins nocives pour l’environnement et son opposition aurait pu faire capoter l’accord. Dans cette perspective, les pays donateurs se sont engagés à continuer de financer le Fonds multilatéral qui sert à venir en aide aux pays en développement, mais sans fixer de chiffre. Un responsable a estimé à 150 millions de dollars, la facture annuelle. Le Fonds a déboursé plus de 2 milliards de dollars depuis l’entrée en vigueur du protocole de Montréal, en 1987. La conférence marquait aussi le 20e anniversaire du protocole de Montréal qui a réussi à pratiquement éliminer une première génération de substances appauvrissant la couche d’ozone, les CFC (chlorofluorocarbones).

La couche d’ozone arrête une partie importante des rayons ultra-violets

La Maison Blanche s’est félicitée de cet accord "historique", estimant que "ses bénéfices potentiels seraient équivalents voire supérieurs à ceux auxquels pourrait parvenir le protocole de Kyoto" que l’administration Bush a refusé de ratifier. C’est "l’une des nouvelles actions mondiales les plus significatives pour lutter contre le réchauffement climatique", selon un communiqué.

Philippe SAUVAGNARGUES

Un malade atteint d’un cancer de la peau

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