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ATS, 27 septembre 2007

Corruption : Le parlement fédéral suisse refuse la transparence sur le financement des partis politiques

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Vue du Palais fédéral suisse, à Berne

Le public ne saura toujours pas comment se financent les partis politiques. C’est la décision que vient de prendre le Conseil national suisse.

Par 78 voix contre 60, le Conseil national a refusé, mercredi 26 septembre 2007, de donner suite à une initiative parlementaire de Roger Nordmann. Le socialiste vaudois voulait obliger aussi bien les partis que les comités de campagne, les organisations pratiquant le lobbying politique et les candidats aux élections, à publier leur source de financement. Tous auraient dû indiquer les montants reçus de la part de sociétés et d’entreprises et le nom de ces dernières.

Suisse


« Les dérives de l’excès d’argent sont actuellement visibles sur les murs de toute la Suisse », a lancé Roger Nordmann. Un système transparent permettrait de savoir « si celui qui s’affiche partout en ce moment comme le sauveur de la nation [allusion à Christoph Blocher, le ministre fédéral de la Justice] autofinance sa campagne ou si de généreux amis y ont pensé pour lui ». Or, « on doit se contenter d’exprimer le soupçon que les campagnes de masse de l’UDC [parti de Christoph Blocher] sont financées par un conseiller fédéral, par son ancienne entreprise ou par un financier de ses amis », a renchéri le président du Parti socialiste, Hans-Jürg Fehr. Impossible d’avoir la réponse exacte à cette question. Pour M. Fehr, les dons de cet ordre-là dépassent le niveau du cadeau, ils créent des liens de dépendance. L’économie n’effectue aucun investissement sans espérer un retour. Ainsi, les banques financent clairement les partis bourgeois pour s’assurer la sauvegarde du secret bancaire, a-t-il relevé.

Aux Etats-Unis, les montants versés par les grandes banques suisses aux candidats à l’élection présidentielle sont connus. Il n’y a pas de raison de cacher ces données en Suisse.

Christoph Blocher

La majorité bourgeoise a reconnu le but louable de l’initiative. Mais il y avait peu de chances de mettre en place un système infaillible, a déclaré en son nom Philipp Müller. Or, si le public venait à apprendre que le régime mis en place comporte des failles, la réputation du monde politique en pâtirait globalement. Pour lui, une publication des noms et des montants versés aux partis risque de freiner encore les dons. Sans compter que le Parlement s’est déjà cassé les dents sur un projet allant moins loin et ne visant qu’à régler les cas du financement des campagnes de votation.

Roger Nordmann (à gauche de l’image) récolte des signatures pour son initiative fiscale, à Lausanne, le 16 août 2007

Dans la foulée, la Chambre du peuple a balayé par 74 voix contre 59 une initiative de Louis Schelbert exigeant la divulgation des liens d’intérêt financiers des députés. L’écologiste a plaidé en vain pour introduire dans la loi une obligation de déclarer les revenus provenant de mandats dans des conseils d’administration ou des organes similaires, dès lors qu’ils dépassent 10000 francs suisses.

Agence télégraphique suisse

Hans-Jürg Fehr

On mentionnera qu’en Suisse les politiciens ont légalisé et institutionnalisé la corruption à leur profit. Ils peuvent siéger dans les conseils d’administration de toutes les sociétés disposées à leur verser un pot-de-vin, hypocritement appelé "jeton de présence". Certains élu siègent dans des dizaines de conseils d’administration. Bien entendu, ils trahissent systématiquement l’intérêt général de la population au profit de l’intérêt particulier des sociétés auxquelles ils se sont vendus.

Philipp Mueller

Les médias locaux passent sous silence cette situation de corruption généralisée ou la présentent carrément sous un jour positif, le politicard corrompu étant censé manifester "son engagement en faveur de l’économie". Quiconque dénonce cette corruption institutionnalisée est aussitôt dépeint comme "un populiste".

Frank BRUNNER

Louis Schelbert

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source