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vendredi 24 mars 2017
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Le Monde, 14 octobre 2007

Corruption : Arnaud Lagardère nie tout délit d’initié dans l’affaire EADS


Arnaud Lagardère, président du groupe Lagardère, actionnaire de référence d’EADS, affirme que son groupe n’a "pas commis de délit d’initié" et qu’à "titre personnel", il n’a "pas vendu la moindre action", dans un entretien au Journal du Dimanche, hebdomadaire dont il est par ailleurs propriétaire.

France


Arnaud Lagardère affirme qu’il n’a appris qu’en juin 2006 les retards de livraison de l’A380, deux mois après avoir vendu sa participation. La décision de vendre sa participation aurait donc été dictée non pas par l’objectif de réaliser une forte plus-value avant que le titre EADS ne chute, mais par une stratégie générale. "Depuis 1999, j’ai toujours dit, j’ai répété publiquement que mon groupe avait vocation à se recentrer sur les médias", dit-il. "Je vois bien que certains n’hésitent pas à s’en prendre à EADS, à Airbus et au groupe Lagardère, espérant peut-être en retirer un quelconque bénéfice politique", affirme M. Lagardère qui s’exprime pour la première fois depuis la révélation d’un rapport de l’Autorité des marchés financiers (AMF) soupçonnant de nombreux actionnaires et dirigeants du groupe européen de délit d’initié. "J’ai le devoir de protéger mes salariés et mes actionnaires. (...) N’ayez aucun doute sur ma détermination", prévient-il. Il précise qu’il ne détenait personnellement "aucune stock option d’EADS". Il ajoute que Dominique de Villepin, alors premier ministre, a été informé de son intention de se désengager d’EADS dès janvier 2006. "Dès janvier 2006, mes collaborateurs ont eu des réunions répétées et à haut niveau concernant l’opération avec les services du Premier ministre. Elles portaient sur le schéma envisagé, le calendrier, etc. Matignon a suivi l’opération depuis le début", dit-il. Sur le rachat par la Caisse des Dépôts d’une partie des titres EADS vendus par Lagardère en 2006, M. Lagardère confirme les propos de Thierry Breton, ancien ministre des Finances, sur le fait que "l’Etat n’a rien à voir la-dedans". "C’est une grande banque, IXIS CIB, qui en a été chargée", a-t-il précisé. M. Lagardère doit être auditionné, le 25 octobre 2007, par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, dans le cadre de cette affaire.

Arnaud Lagardère

Enfin, M. Lagardère revient sur ses relations avec le présiednt de la République, astimant qu’elles ne sont pas affectées par l’affaire : "elles sont strictement du domaine privé. Lorsque qu’on aborde le domaine professionnel, l’amitié ne compte pas. Il l’a déjà dit à sa manière, et je le redis à ma manière."

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