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ATS, 17 octobre 2007

Suisse : A Genève, les bénéficiaires de l’aide sociale sont moins nombreux

Suivi d’un commentaire


Vue de Genève

Le nombre de bénéficiaires de l’aide sociale a diminué pour la première fois depuis dix-sept ans, à Genève. Le nouveau Contrat d’aide sociale aurait une influence. Ce recul est dû à une conjoncture économique favorable et à une meilleure politique de réinsertion, a expliqué, mardi 16 octobre 2007, l’Hospice Général [service social du canton de Genève].

Suisse


L’organisme chargé de l’aide sociale dans le canton avait enregistré une hausse continue du nombre de dossiers d’aide financière depuis 1991. Après un ralentissement en 2006, l’année 2007 apparaît comme celle d’une inversion de tendance, a relevé l’Hospice général. Le nombre de personnes assistées financièrement est redescendu de 15492 à la fin 2006 à 15073 le en septembre 2007. La baisse s’établit ainsi à 2,7 %. Un recul attribué à la bonne conjoncture économique, mais aussi à l’introduction du nouveau Contrat d’aide sociale individuel, qui permet un meilleur suivi des bénéficaires. L’Hospice Général estime que la diminution du nombre d’assistés est également le résultat du renforcement des contrôles. Des plaintes pénales sont systématiquement déposées contre les fraudeurs. Aux yeux de l’institution, cette intransigeance joue « vraisemblablement un rôle dissuasif ».

Agence télégraphique suisse

Vue du siège de l’Hospice Général, à Genève

Commentaire

La direction de l’Hospice Général prétend hypocritement que la diminution du nombre des assistés serait due à des contrôles "dissuasif" pour les fraudeurs. Or, de l’aveu même de l’Hospice Général, la proportion de fraudeurs parmi les personnes assistées est de 2 %, ce qui est dérisoire si on compare cette proportion avec celle des contribuables qui fraudent le fisc, par exemple.

Quant au Contrat d’aide sociale individuel que l’Hospice Général présente sous un jour flatteur, c’est du n’importe quoi. L’usager se voit imposer, chaque mois, un "objectif" théoriquement censé favoriser sa réinsertion sociale, mais, dans la pratique, cet objectif n’est, le plus souvent, qu’une quelconque démarche administrative. Par exemple, on demandera à l’usager d’aller s’inscrire à l’Office cantonal de l’emploi, même s’il est en fin de droit du chômage et qu’aucun emploi ne lui est jamais proposé. Ou on lui réclamera une attestation de ceci et de cela. Ces vaines démarches administratives permettent aux assistantes sociales d’accumuler de la paperasse dans leurs dossiers et de créer l’illusion d’une activité là où il n’y a que du vent.

En réalité, si le nombre de personnes assistées a diminué, c’est tout simplement parce que les conditions d’octroi de l’assistance ont été durcies au préjudice des plus démunis, tandis que les politiciens locaux se remplissait les poches dans les conseils d’administration de toutes les sociétés disposées à leur verser un pot-de-vin. Ainsi, le coût des primes d’assurance maladie des plus démunis est désormais compté non comme une dépense, mais comme un revenu. Cette astuce minable permet d’élever artificieusement le niveau du "seuil de pauvreté" donnant droit à l’aide sociale. Auparavant, si une personne avait un revenu de 2500.- francs suisses et qu’elle payait 500.- francs suisses de primes d’assurance maladie, on considérait que son revenu réel était de 200.- francs suisses et le calcul déterminant le droit à l’aide sociale se faisait sur cette base. Désormais, le montant de la prime d’assurance maladie n’est plus déduit du revenu dans le calcul, si bien que la même personne est décrétée "trop riche" de 500.- francs suisses pour avoir droit à l’aide sociale.

Les procédés de l’Hospice Général se caractérisent par une totale absence d’éthique. Mais il est vrai qu’elle ne fait que refléter l’absence d’éthique du gouvernement genevois.

Frank BRUNNER

Les ripoux du Conseil d’Etat genevois en compagnie du chancelier Robert Hensler (au second rang à l’extrême droite)

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source