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Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
Le Monde, 8 avril 2004

Soudan : Khartoum signe un cessez-le-feu avec les rebelles du Darfour


Nomade au Soudan

Le gouvernement soudanais a signé un cessez-le-feu avec les rebelles de la région du Darfour, dans l’ouest du pays, lors des discussions de N’Djamena qui ont pour but de mettre un terme à des violences qualifiées d’"épuration ethnique" par l’ONU.

Soudan

Il a par ailleurs rejeté toute éventualité d’une intervention militaire extérieure.


"Ils ont signé la nuit dernière à N’Djamena un cessez-le-feu humanitaire pour permettre l’ouverture de corridors et l’acheminement d’une aide pour ceux qui en ont besoin", a déclaré Nadjib al Kheir Abdoul Wahab, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères soudanais.

Les discussions de paix se poursuivent dans la capitale tchadienne entre le gouvernement et deux mouvements rebelles qui ont pris les armes, en février 2004, en accusant Khartoum d’armer des milices arabes qui pillent et brûlent des villages de cette zone.

Scène de rue à N’Djamena

M. Wahab a affirmé que la trêve prenait immédiatement effet. "Elle restera en vigueur le temps que les deux parties trouvent une solution politique au conflit", a-t-il dit.

Mercredi 7 avril 2004, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, avait estimé qu’une intervention militaire étrangère pourrait se révéler nécessaire dans le Darfour pour mettre fin à "l’épuration ethnique" en cours dans cette province.

L’ONU estime qu’un million de civils sont directement touchés par le conflit au Darfour, qui a déjà entraîné l’exode de 110000 réfugiés vers le Tchad voisin.

Kofi Annan

L’autonomie des milices

Selon Housam Bachir, responsable d’une organisation soudanaise de défense des droits de l’homme, la trêve ne sera peut-être pas suffisante pour ramener le calme dans le Darfour, où des milices formées par les deux camps sont vraisemblablement devenues autonomes. "Nous espérons qu’elle sera respectée dans la pratique par les deux camps. Mais leurs partisans ne sont pas tous disciplinés", a-t-il dit.

Rebelle soudanais

Les organisations de défense des droits de l’homme affirment que les milices armées et formées par le gouvernement sèment le chaos dans la province, tuant, violant et pillant où bon leur semble. Le gouvernement parle de hors-la-loi et dément tout lien avec ces bandes.

Mercredi 7 avril 2004, le président américain, George Bush, a condamné ces atrocités. "Le gouvernement soudanais doit empêcher immédiatement les milices locales de commettre des atrocités contre la population locale et il doit permettre aux organisations humanitaires d’y accéder sans restriction", dit une déclaration écrite du président américain. "Le gouvernement du Soudan ne doit pas rester complice des brutalités au Darfour", a-t-il ajouté. Le président américain a par ailleurs laissé entendre que Washington ne normaliserait pas ses relations avec le Soudan tant qu’il ne mettrait pas fin à la crise au Darfour et ne signerait pas d’accord de paix avec les rebelles du Sud.

Victimes de la guerre civile au Soudan

Pas besoin de forces internationales

Interrogé sur la proposition de Kofi Annan d’envisager si nécessaire l’intervention d’une force militaire extérieure au Darfour, Adam Ereli, porte-parole du département d’Etat, a répondu : "A ce stade, nous nous concentrons sur les efforts diplomatiques."

Le Soudan a affirmé, jeudi 8 avril 2004, qu’il n’avait pas besoin de forces internationales au Darfour et assuré qu’il allait contrôler les milices pro-gouvernementales accusées d’exactions et assurer le libre passage de l’aide humanitaire parvenait à la population.

"Nous n’avons pas besoin de forces étrangères au Darfour. Tout ce que nous voulons de la communauté internationale, c’est plus d’aide humanitaire", a déclaré le ministre des affaires étrangères, Moustafa Ismaïl, à la presse.

Il a assuré que son gouvernement avait décidé de "contrôler et encercler tout groupe ou forces ne relevant pas des forces armées et qui tenterait de porter atteinte aux civils ou d’entraver les opérations d’aide humanitaire".

Au Soudan, la plupart des routes ne sont que des pistes parcourues par des camions

Le ministre a ajouté que les autorités avaient formé un comité ministériel pour superviser cette opération. Le comité sera également chargé de "s’assurer que les routes soient ouvertes devant l’aide humanitaire" et que la population affectée par le conflit disposera d’abris et de vivres avant la saison des pluies, en juillet.

Bombe tombée dans un village soudanais

Les combats qui opposent depuis février 2003 les forces gouvernementales aux rebelles du Darfour auraient fait jusqu’à 10000 morts, selon des informations non confirmées, 670000 déplacés au Soudan et 100000 réfugiés au Tchad, selon des sources humanitaires.

Selon des organisations non gouvernementales et des fonctionnaires de l’ONU, des milices soutenues par le gouvernement de Khartoum massacrent, violent et pillent, forçant les ethnies locales à fuir cette province de l’ouest du Soudan.

Avec AFP et Reuters

Scène de la guerre civile au Soudan

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