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Le Monde, AP, 8 novembre 2007

Georgia : Mikhaïl Saakachvili a décrété l’état d’urgence dans tout le pays


Alors que les manifestations contre le président pro-occidental, Mikhaïl Saakachvili, ont été violemment réprimées, mercredi 7 novembre 2007, à Tbilissi, ce dernier a déclaré l’état d’urgence pour quarante-huit heures dans la capitale. L’annonce a été faite, dans la soirée, par le premier ministre, Zourab Nogaïdeli.


Un peu plus tôt, le président s’en est pris à Moscou, en accusant les services spéciaux russes de participer aux troubles. "La Géorgie fait face à des troubles et des hauts responsables des services spéciaux russes sont impliqués. Certains d’entre eux sont en Géorgie, d’autres à Moscou", a-t-il affirmé. Il s’en est ensuite pris à des "collaborateurs de l’ambassade" qui "se sont livrés à des activités subversives, d’espionnage". "Ils vont être déclarés persona non grata et quitter la Géorgie dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté. Au total, trois membres de l’ambassade sont visés par cette mesure, selon une source diplomatique, à Tbilissi, citée par l’agence russe Ria Novosti.

La réponse de la Russie ne s’est pas fait attendre. Moscou a en effet qualifié cette décision de "provocation irresponsable" et promis une "réponse proportionnée". "Les autorités géorgiennes ont entrepris de nouvelles démarches hostiles contre la Russie", a déclaré le ministèredes Affaires étrangères russe, dans un communiqué. La Russie a appelé "tous ceux qui ont une influence directe sur Tbilissi à mettre en garde les autorités géorgiennes contre d’autres pas destructifs, lourds de conséquences imprévisibles".

Les relations entre les deux pays sont déjà particulièrement tendues, à cause des menaces de séparatisme des régions géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, soutenues par Moscou. La brève interpellation, en septembre 2006, en Géorgie, de quatre officiers russes accusés d’espionnage, avait déjà provoqué une grave crise diplomatique entre Tbilissi et Moscou, qui a suspendu, depuis, ses liaisons aériennes, terrestres et maritimes avec son voisin du Sud.

Mercredi 7 novembre 2007, les violences ont éclaté quand la police a dispersé les manifestants sur l’avenue Roustaveli, près du Parlement, où ils se réunissaient, chaque jour, depuis vendredi 2 novembre 2007. Les forces de police ont ensuite attaqué des manifestants, en tirant avec ce qui ressemblait à des balles en caoutchouc. La télévision géorgienne a aussi fait état de l’usage de "balles" de cette nature. Le calme semblait toutefois rétabli dans la soirée, même si 360 personnes ont demandé une aide médicale et plus de 100 personnes ont été hospitalisées, selon le ministère de la santé. Il s’agit de la plus importante contestation populaire dans le pays depuis la "révolution de la rose" de novembre 2003 qui avait porté au pouvoir M. Saakachvili.

Une chaîne d’opposition cesse ses programmes

La chaîne géorgienne Imedi Television, proche de l’opposition, a cessé d’émettre, mercredi 7 novembre 2007 au soir. "Nous sommes informés que les forces spéciales viennent juste d’entrer dans le bâtiment de Imedi TV", a annoncé le présentateur. La chaîne, contrôlée par l’oligarque Badri Patarkatsichvili, a ensuite immédiatement cessé ses programmes.

L’état d’urgence décrété dans toute la Géorgie

TBILISSI, Géorgie - Le président, Mikhaïl Saakachvili, a déclaré l’état d’urgence dans toute la Géorgie, pour quinze jours, a anonncé, mercredi 7 novembre 2007 au soir, à la télévision, le ministre de l’Economie, Georgui Arveladzé.

Avec AFP et Associated Press

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source