par Edith M. LEDERER
NATIONS UNIES - La responsable de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens a estimé, mercredi 7 novembre 2007, que le blocus économique quasi-total exercé par Israël à l’encontre de la Bande de Gaza, aux mains du Hamas, a des conséquences nutritives néfastes pour la population, alimente le soutien pour les mouvement extrémistes et constitue un obstacle à la paix.
Le coup de force du Hamas, qui a pris le contrôle du territoire par les armes, en juin, et la poursuite des tirs de roquette contre l’Etat hébreu, ont provoqué des mesures de rétorsion israéliennes et mené à l’isolation croissante de la Bande de Gaza. Israël a déclaré le territoire "entité hostile" en septembre 2007, ouvrant la voie aux sanctions économiques, et notamment la fermeture du principal passage frontalier.
"Ils tentent de punir ceux qui ont pris le contrôle de Gaza, mais en réalité ils punissent tout le monde à l’intérieur de Gaza, dont un petit pourcentage seulement soutient les gens qui contrôle actuellement Gaza", a déclaré Karen Koning AbuZayd, commissaire générale de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine). Selon Mme Koning AbuZayd, l’apport de marchandises au territoire a baissé de 71 % depuis le mois de mai, le nombre de médicaments au stock épuisé a augmenté de 61 à 91 en septembre 2007, et les paysans gazaouïs n’ont pas les moyens financiers d’organiser les moissons et d’acheminer leurs produits vers les marchés. Les fruits et les légumes sont donc en train de se décomposer, a averti Mme Koning AbuZayd, ce qui empêche un apport nutritif essentiel aux rations distribuées actuellement par l’ONU à 80 % de la population de la Bande de Gaza, constituée de farine, d’huile, de sucre, de lentilles et de lait en poudre. "Ce n’est pas suffisant", a conclu Mme Koning AbuZayd, lors d’une conférence de presse, au siège de l’ONU, à New York. "L’UNRWA ne fournit que 61 %" des besoins nutritifs quotidiens des habitants.
"Ce que nous disons, c’est que nous sommes en train de perdre la lutte contre ceux qui se situent sur le flanc extrême des groupes à Gaza. Et ce sont eux qui bénéficient de cette isolation et cette pression continue sur Gaza et sur son économie et sur la population de Gaza", a averti Mme Koning AbuZayd. Elle a cependant exhibé un certain optimisme suite à la rencontre, mercredi 7 novembre 2007, du directeur de l’agence à Gaza avec les autorités israéliennes, qui, selon elle, reconnaissent que "quelque chose doit être fait". Cette réunion fut "très positive", a-t-elle déclaré, les Israéliens reconnaissant que "peut-être que ceci va trop loin et a l’effet inverse de ce que nous désirons. Ceci ne nous mène pas à la paix et à la sécurité. Cela nous mène dans la direction opposée".
Edith M. LEDERER
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