retour article original

samedi 25 mai 2013
Google



Vous êtes ici Accueil du site Informations internationales Asie Proche Orient
Libération, 16 novembre 2007

Proche Orient : La fuite en avant totalitaire du Hamas

par Hassan JABER avec D.M.


Des Palestiniens lancent des pierres contre des policiers du Hamas, à Gaza City, le 12 novembre 2007

L’angoisse a finalement pris fin pour Wardeh Abu Hajem. Après plus de soixante heures de détention, son fils Mohammed, âgé de 24 ans, a été libéré, le 15 novembre 2007, d’un des centres du Hamas à Gaza. Wardeh Abu Hajem, colonel dans la force préventive -la force de sécurité du Fatah-, s’était rendu, lundi 12 novembre 2007, avec ses deux fils, au rassemblement en hommage à Yasser Arafat, sur une des grandes places de la ville.

Evacuation d’un blessé, après une manifestation du Fatah, à Gaza City, le 12 novembre 2007


« A la fin de la manifestation, lorsque les tirs ont commencé, nous nous sommes réfugiés dans une boutique. Trois hommes de la force exécutive [force de police créé par le Hamas après sa victoire aux élections législatives de janvier 2006, ndlr], dont un était masqué, nous ont arrêtés », relate-t-il. Après avoir été séparé de ses fils, Wardeh Abu Hajem a été interrogé pendant quatre heures dans le principal centre de détention du mouvement islamiste à Gaza. Il a été libéré, mercredi 14 novembre, son jeune fils peu après, et son aîné le 15 novembre 2007 au matin, après avoir été roué de coups. « Même si je fais partie des services de sécurité palestiniens je me suis toujours tenu à l’écart de la politique. Jamais je n’aurais pensé que je serais détenu dans mon propre pays », ajoute Wardeh Abu Hajem.

Des Palestiniens commémorent leur déclaration d’indépendance, à Al-Khader, le 15 novembre 2007

Environ 200 personnes ont été arrêtées pour les besoins d’une « enquête » sur les « émeutes », selon le porte-parole de la force exécutive. Ils seraient 400 selon le Fatah, notamment les organisateurs du rassemblement. « Le centre de détention où j’ai été conduit était plein. Nous étions des centaines, debout, les yeux bandés, serrés les uns contre les autres », explique Abdallah El-Arabeed, âgé de 50 ans, directeur du comité populaire pour les réfugiés du camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. « Après plusieurs heures d’attente, ils m’ont interrogé. Ils m’ont demandé pourquoi j’avais assisté à la manifestation, ce que j’y avais vu. J’ai été relâché au bout de vingt-quatre heures, après m’être engagé, par écrit, à ne plus jamais participer à un rassemblement », ajoute ce sympathisant du Fatah.

Des Palestiniens commémorent leur déclaration d’indépendance, à Al-Khader, le 15 novembre 2007

Depuis qu’il a pris le pouvoir dans la bande de Gaza, le Hamas a interdit pratiquement toutes les activités du Fatah, fait fermer les médias fidèles au mouvement de Mahmoud Abbas et réprimé ses rassemblements. « Toutes ces arrestations relèvent de la vengeance politique », estime Khalil Abou Chamallah, directeur du centre des droits de l’homme Damir, basé à Gaza. « Les membres du Hamas ont beau clamer qu’ils n’arrêtent que des criminels et des hors-la-loi, toutes les organisations de défense des droits de l’homme savent qu’il s’agit d’arrestations politiques. Le gouvernement du Hamas veut interdire toute activité au Fatah à Gaza de peur qu’il n’influence la situation à Gaza », ajoute-t-il. Ce pourrait être le signe d’une crispation du mouvement islamiste face à la baisse de sa popularité. Selon un sondage publié par un centre de recherches palestinien, le soutien au Hamas en Cisjordanie et à Gaza est passé de 30 % en septembre 2006 à 20 % actuellement. Le Fatah voit, lui, sa popularité monter de 30 % à 40 %.

Hassan JABER avec D.M.

Un enfant observe la commémoration de la déclaration d’indépendance palestinienne, à Al-Khader, le 15 novembre 2007

AUTEURS 

  • Hassan JABER avec D.M.

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source