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mardi 21 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (3ème partie) : Du 1er avril 2004 au 15 avril 2004
AP, 9 avril 2004

Un an après la chute de Bagdad, la coalition sous haute tension en Irak


FALLOUJAH, Irak (AP) - Un symbole en chasse un autre : au premier anniversaire de la chute de Bagdad, des soldats américains ont dû escalader, vendredi 9 avril 2004, la statue de bronze inachevée qui a remplacé celle de Saddam Hussein, sur la place Firous, pour arracher un portrait de Moqtada al-Sadr, accroché par des fidèles de l’imam radical chiite.


En ce jour anniversaire, l’armée américaine a annoncé une brève suspension de l’offensive à Falloujah, dont les habitants ont pu enterrer leurs morts. Dans le Sud du pays, les troupes américaines ont repris Kout aux miliciens chiites, qui contrôlent encore Koufa et le centre de la ville sainte de Nadjaf.

Un an après la chute de Bagdad, la coalition se trouve face à la situation la "plus grave" qu’elle ait connu depuis la fin de la guerre, avouait, vendredi 9 avril 2004, le chef de la diplomatie britannique Jack Straw.

Un constat qui intervient après la dégradation spectaculaire observée depuis le week-end dernier, qui a vu la révolte des partisans du Moqtada al-Sadr ajouter un nouveau front contre la coalition dans les villes chiites du Sud.

Plus de 460 Irakiens, au moins 40 Américains et deux autres soldats de la coalition ont été tués dans les combats en Irak cette semaine.

A la périphérie ouest de Bagdad, l’attaque d’un convoi de carburant a tué un soldat américain et un chauffeur irakien, selon l’armée. Mais la chaîne d’information arabe al-Jazira, évoquait un bilan de neuf morts.

Dans la journée, un obus de mortier est tombé près de la place Firous de Bagdad, où le 9 avril 2003, les marines avaient renversé une statue monumentale de Saddam Hussein, dont la chute était devenu le symbole de celle du régime irakien. L’explosion de l’obus n’a pas fait de blessé, mais secoué les hôtels Sheraton et Palestine qui abritent de nombreux ressortissants étrangers.

Dans le "triangle sunnite", foyer de l’insurrection anti-américaine, les Marines ont annoncé à la mi-journée la suspension de leur opération contre Falloujah à une cinquantaine de kilomètres de Bagdad. Une initiative censée permettre à une délégation de la ville de rencontrer les commandants américains et laisser entrer l’aide humanitaire tout en donnant le temps aux habitants d’inhumer les victimes.

Une heure et demie plus tard, le lieutenant-colonel Brennan Byrne, commandant du 1er Bataillon du 5e régiment de Marine, annonçait toutefois avoir le feu vert pour reprendre les opérations. Les troupes américaines ont continué à tirer sur Falloujah depuis leurs positions à la périphérie sud de la ville. Mais aucun affrontement comparable aux violents combats de rue des cinq derniers jours n’était signalé.

Découverte inquiétante, les marines ont tué deux hommes qui portaient des ceintures d’explosifs, alors que la tactique des attentats suicide n’avait pas jusqu’ici été utilisée dans la ville.

Certains habitants de Falloujah ont pu sortir de chez eux pour la première fois depuis plusieurs jours. Beaucoup sont venus enterrer leurs morts dans le stade de football al-Somoud, les cimetières situés en périphérie de la ville étant inaccessibles.

De longues files de voitures transportant femmes, enfants et vieillards attendaient d’être autorisés à quitter la ville par les marines.

Plus de 280 Irakiens et quatre marines ont été tués dans l’opération de l’armée américaine pour écraser l’insurrection à Falloujah. Le siège de cette ville de 200000 habitants en a fait un symbole de la résistance aux yeux de certains Irakiens et au sein même du Conseil intérimaire de gouvernement irakien.

Nommé par les Américains, Adnan Pachachi, considéré comme l’homme de Washington, a ainsi dénoncé une opération "inacceptable et illégale".

Décrété hors-la-loi par les Américains, Moqtada el-Sadr a exigé que les troupes américaines se retirent d’Irak, affirmant qu’elles font face à une "révolte civile".

Devant une sous-commission du Sénat, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a assuré que l’imam chiite ne disposait que d’un soutien limité. Mais il "fort et stable et nous ne voulons pas le voir grandir", a-t-il reconnu.

"Nous réussirons. Nous allons gagner", a affirmé le chef de la diplomatie américaine, qui a maintenu, comme en réponse aux critiques des démocrates que l’Irak n’était pas un "bourbier qui va nous dévorer" et rejeté toute comparaison avec la guerre du Vietnam.

Associated Press

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